jeudi 15 mars 2012

Sauver le soldat Sarko par J. d'Ormesson : Humeur


Triomphe et tombeau de François Hollande
Par Jean d'Ormesson.

Il n'est pas sûr, il est peut-être même improbable, au vu des sondages d'aujourd'hui, que Nicolas Sarkozy soit réélu dans six mois pour un second et dernier mandat. Les mesures de rigueur annoncées par François Fillon ne sont pas accueillies - c'est le moins que l'on puisse dire - par un enthousiasme excessif. Mme Le Pen à l'extrême droite, M. Bayrou au Centre, Mme Aubry à gauche, M. Mélenchon à la gauche de la gauche se déchaînent contre elles. Les syndicats les condamnent. Une bonne partie de la droite modérée elle-même ne peut pas se résoudre à se prononcer en faveur d'un président qui, à ses yeux, a avili et compromis ses fonctions par son comportement.
La victoire de François Hollande est à peu près acquise, et elle risque d'être éclatante.

Le moment est idéal pour se déclarer "sarkozyste".

La question n'est pas de savoir qui l'emportera en mai 2012. On a longtemps été convaincu dur comme fer que ce serait M. Strauss-Kahn. On a pu croire que ce serait Mme Aubry. On a même pu imaginer que, par un coup du sort, ce serait Mme Le Pen. Il n'est pas tout à fait exclu que M. Bayrou, M. Mélenchon, M. Montebourg se soient monté le bourrichon jusqu'à se persuader de leur chance de l'emporter.

Tout sauf Sarkozy. N'importe qui sauf Sarkozy. Ce sera M. Hollande. François Hollande est un parfait honnête homme. Il est intelligent, charmant, cultivé, et même spirituel. Il y a chez cet homme-là un mélange de "doux rêveur'" et de "Professeur Nimbus" égaré dans la politique qui le rend sympathique. Il est mondialement connu en Corrèze. Ce n'est pas lui qui irait courir les établissements de luxe sur les Champs-Élysées, ni les suites des grands hôtels à New York ou à Lille, ni les yachts des milliardaires.
Il ferait, je le dis sans affectation et sans crainte, un excellent président de la IVe République. Ou plutôt de la IIIe. Par temps calme et sans nuages. Il n'est jamais trop bas. Mais pas non plus trop haut. C'est une espèce d'entre-deux : un pis-aller historique. Ce n'est pas Mitterrand : ce serait plutôt Guy Mollet. Ce n'est pas Jaurès ni Léon Blum : c'est Albert Lebrun. Ce n'est pas Clemenceau : c'est Deschanel. Il parle un joli français. Et sa syntaxe est impeccable. On pourrait peut-être l'élire à l'Académie française. Ce serait très bien. Mais en aucun cas à la tête de la Ve République, par gros temps et avis de tempête.

C'est vrai : Sarkozy en a trop fait. Hollande, c'est l'inverse. Car n'avoir rien fait est un immense avantage, mais il ne faut pas en abuser. Il n'est pas exclu, il est même possible ou plus que possible, que M. Hollande soit élu en mai prochain président de la République. C'est qu'à eux deux, M. Hollande et le PS, qui sont assez loin d'être d'accord entre eux - je ne parle même pas de M. Mélenchon ni de Mme Joly dont ils ont absolument besoin pour gagner et dont les idées sont radicalement opposées à celles de M. Hollande - ont des arguments de poids : la retraite à 60 ans (quand la durée de vie ne cesse de s'allonger), 60.000 nouveaux fonctionnaires (quand il s'agit surtout de réduire les dépenses publiques), 30% de baisse sur les traitements du président et des ministres (même M. Jean-Marie Le Pen, de glorieuse mémoire, n'a jamais osé aller aussi loin dans le populisme et la démagogie). Avec des atouts comme ceux-là, on a de bonnes chances de gagner.

Aussi n'est-ce pas dans la perspective de l'élection de 2012 que je me situe.

C'est avec le souci du jugement de l'histoire. M. Sarkozy, autant le reconnaître, a fait pas mal d'erreurs. À voir comment se présente la campagne d'un Parti socialiste qui semble n'avoir pas appris grand-chose des leçons de son temps, ce sera bien pire avec lui qu'avec M. Sarkozy. Les déclarations d'intention ne valent rien. Il faut des exemples vivants. M. Zapatero, en Espagne, est un homme plus qu'estimable. Il est socialiste. Le chômage en Espagne est plus du double du nôtre. M. Papandréou en Grèce est socialiste. Est-ce le sort de la Grèce que nous souhaitons pour la France? M. Sarkozy a été plus attaqué, plus vilipendé, plus traîné dans la boue qu'aucun dirigeant depuis de longues années.
Il a pourtant maintenu le pays 'hors de l'eau' au cours d'une des pires crises que nous ayons jamais connues !... Il n'est même pas impossible que Mme Merkel et lui aient sauvé l'Europe et l'euro.
Pour affronter le jugement de l'histoire, je choisis le camp, à peu près cohérent, Sarkozy-Fillon-Juppé contre le camp, incohérent jusqu'à l'absurde, Hollande (Hollande président ? On croit rêver, disait Fabius) -Aubry-Joly-Mélenchon. Bonaparte Premier consul prétendait que le seul crime en politique consistait à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités. Je suis sûr que François Hollande lui-même a des cauchemars la nuit à l'idée d'être appelé demain à diriger le pays avec le concours des amis de toutes sortes et étrangement bariolés que lui a réservés le destin.
Je veux bien croire je n'en suis pas si sûr que pour 2012 les dés soient déjà jetés, que les handicaps du président sortant soient bien lourds pour être surmontés, que le retard soit trop rude pour être rattrapé. J'imagine très bien l'explosion d'enthousiasme sur la place de la Bastille ce soir de mai 2012 où l'élection de M. François Hollande à la magistrature suprême sera enfin annoncée.
Je me demande seulement dans quel état sera la France en 2014 ou en 2015 ?...

Faites suivre à vos amis, démultipliez la lecture de ce texte, il en va de notre avenir !


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Ce petit pamphlet sarkozyste qui, en ces temps troublés, démontre bien le peu d'arguments et de projets politiques fédérateurs que notre Président et son parti sont capables d'afficher, m'a été envoyé par un ami très cher afin de me titiller, connaissant ma proximité de pensée avec Jean-Luc Mélanchon. Ce texte tente de masquer les errements d'un quinquennat injuste et paupérisant pour les plus démunis et l'argumentaire déployé, d'une absolue gratuité, s'empêtre dans un sophisme navrant, en faisant de Sarko le Sauveur de l'Europe et en taillant, par avance à Hollande, un costard présidentiel trois tailles au dessus. L'oligarchie triomphante de l'époque doit effectivement beaucoup à ce Président en fin de mandat et il est normal qu'un personnage comme d'Ormesson, chantre d'une bourgeoisie établie, monte aux créneaux pour tenter de sauver le soldat Sarko.

J'appréciais pourtant l'esprit de l'Académicien, son style, son humour et soudain, l'écrit facile, gratuit et sans relief. Cet "Au secours, la gauche revient !" fait peine à lire.
Si l'unique hypothèse de réflexion réside dans le fait que sans Sarkozy notre situation eut été pire, c'est un peu juste à mon goût et, en tout état de cause, absolument invérifiable. On peut également supposer qu'Hollande est, sinon un incapable, du moins un mou anachronique, pire, qu'il n'est pas à la hauteur et qu'il cauchemarde désormais chaque nuit à l'idée de se retrouver Président. Enfin, on peut y ajouter, pour faire bonne mesure (et bien peur), l'amalgame entre les socialismes Grecs, Espagnols et Français... on peut tout cela car il semble bien qu'aujourd'hui tous les coups sont permis, même les plus idiots et ce, des deux côtés, je vous l'accorde. Les suppositions gratuites et le concept "Avec des si on mettrait Paris en bouteille" sont un peu light comme argument de campagne, non ?

Quant au fait qu'aucun dirigeant n'a jamais été autant traîné dans la boue, il y a là, bien justement, une réalité établie dont il ne suffit pas de parler pour en gommer les causes. Cette hostilité palpable devrait au contraire faire réfléchir ceux qui le portent au pinacle.

En fait il y a les inconditionnels de Nicolas Sarkozy, dont je me demande sincèrement quelles sont leurs réelles motivations, et tous les autres dont une bonne partie d'électeurs de droite, et j'en connais bon nombre, qui ne se reconnaissent plus dans ce bonimenteur opportuniste.

Je ne suis pas vraiment proche de M. Hollande, mes opinions penchant plutôt vers M. Mélanchon mais le procès d'intention ou d'incompétence fait à son encontre et reposant sur un vide abyssal, me renforce finalement dans l'idée que la crainte affichée de son arrivée au pouvoir pour les raisons évoquées (la puissance et l'avenir de la France) masque en fait la peur de voir une série de privilèges mis à bas.

Mais en fait, nous le savons bien pour l'avoir déjà vécu, entre Sarkozy et Hollande, la donne ne va pas radicalement changer pour les classes moyennes et supérieures dont nous sommes, comme cela n'avait rien changé en 1981. Il demeure encore, hélas, quelques affolés qui imaginent, non plus les chars Russes aux portes du pays mais les spéculateurs aux portes de la Bourse. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'aujourd'hui le mal ne vient plus de l'Est Rouge mais de l'Ouest Ultra-Libéral.

mercredi 8 février 2012

Guéant, tu sens... : Humeur

Toutes les civilisations ne se valent pas...

Certes non !

Nous n'allons tout de même pas comparer Gandhi, ce mendiant en couche culotte, avec Pétain notre fier Maréchal, sauveur de la France ? M'enfin, raison gardons !!!

(Digest de la chronique de Sophia Aram, à l'attention de Monsieur Hortefeux, entendu ce matin sur France Inter. Merci Sophia)

lundi 30 janvier 2012

Sarko, le style et la classe ! : Humeur


En l'occurence,
qu'est-ce qui s'agit
lan'dans ?
(Entendu dans la Sarko-bouche le dimanche 29 janvier)

dimanche 29 janvier 2012

Maxime du jour : Humeur


Quand le MEDEF s'éclate,
les travailleurs se grattent !
(Suite aux annonces de Sarko du dimanche 29 janvier)

jeudi 19 janvier 2012

Les 50 raisons sub/ob/jectives de jeter Sarkozy : humeur



1 - C'est un bonimenteur sans scrupule

2 - Il se nourrit de ses propres contradictions

3 - Il est définitivement vulgaire

4 - Il n'est vraiment pas à la hauteur des espérances
que certains avaient placé en lui

5 - L'art et la culture sont chez lui des options

6 - Il a résolument choisi son camp, celui des nantis

7 - En 5 ans il est responsable d'un tiers du déficit
observé depuis 30 ans

8 - Il détruit inexorablement notre modèle de société
tout en prétendant le réparer

9 - Il est le Président le plus mal aimé de notre histoire

10 - Il divise plus qu'il ne rassemble

11 - Son équipe gouvernementale
comporte des membres dangereux
qui usent de pouvoirs qui les dépassent

12 - Quand il s'adresse à la nation,
son ton d'instituteur arrogant est insupportable

13 - Sa démagogie exponentielle n'endort que son fan-club

14 - Sa gestuelle erratique confine à la maladie orpheline

15 - Le fait de porter des talonnettes induit un complexe malsain
pour la fonction occupée

16 - Son calme présidentiel est un leurre
qui masque une agressivité contenue

17 - Il a passé son temps à emballer des réformes iniques
avec le déballage d'une vie privée indécente

18 - Il semble critiquer la finance internationale
alors qu'il ne fait que la servir

19 - Il considère les pauvres comme des fraudeurs et des assistés

20 - Il restera le Président des actionnaires

21 - La satisfaction affichée de son bilan
face aux dégâts constatés n'est que pur mépris

22 - Son manque de dialogue social
cache une stratégie de démontage systématique
des acquis au profit de la caste possédante

23 - Lorsqu'il nous aura presque tout pris,
nous resterons muets,
affolés de perdre le peu qu'il nous reste

24 - Il a maquillé notre avenir en champ de ruines

25 - Il souhaite que nous ayons peur,
pauvres brebis, afin de le suivre aveuglément

26 - L'idolâtrie dont il est l'objet par son équipe
frise la supercherie voire la stupidité

27 - La grossièreté de sa propagande est une insulte
au peuple qu'il représente

28 - Le niveau intellectuel de certains membres
de son équipe est une honte

29 - Ses amis ne sont sûrement pas les nôtres

30 - Les "Artistes" estampillés "Sarko"
ont-ils vraiment droit à ce titre ?

31 - La France fracturée qu'il nous promet
est-elle celle que souhaitons ?

32 - Son discours "responsable" et "réaliste"
masque en fait un racket institutionnalisé
entamé il y a 5 ans

33 - La Crise sa "Bonne Amie"
endosse toutes ses erreurs politiques

34 - La Dette dont il est pour partie responsable
est son alibi pour ponctionner toujours plus

35 - La Crise, la Dette et la Peur :
les 3 mamelles du Sarkozysme

36 - Sous Sarko, "Liberté - Égalité - Fraternité"
sont devenus des Gros Mots

37 - Claude Guéant, l'éminence-grise-croque-mort-croque-mitaine...
comment peut-on accepter d'être gouverné
par ce triste sire extrémiste ?

38 - Lefebvre, Morano, Douillet, Hortefeux...
que des pointures dont on apprécie chaque jour la sagacité

39 - Son absence de vision et d'espoir plombe l'ambiance
et entretient la morosité

40 - La pauvreté a augmenté sous son mandat
mais c'est la faute des pauvres

41 - Moins de profs, plus de flics... cherchez l'erreur

42 - La France n'est plus LE pays des Droits de l'Homme

43 - La stigmatisation de minorités
pour masquer l'indigence de sa politique
est abjecte

44 - La France a besoin de solutions justes
et efficaces et non de belles paroles

45 - Il a confondu réformes et dégradation

46 - Il a (ils ont) tout de même tendance
à nous prendre pour des abrutis

47 - Le problème de Sarko,
c'est juste sa vision étriquée de l'humanité

48 - Il est dépassé par le Monde et l'Europe
mais continue de nous vendre la mondialisation

49 - Il pense être un Président moderne et dynamique,
il n'est qu'un petit bonhomme courant partout

50 - Il a suffisamment ravagé ce pays pour hurler STOP !
et passer à autre chose

jeudi 13 octobre 2011

Humeur : l'Utopie est un gros mot

Ce matin aux infos, j'ai manqué m'étouffer avec mes céréales. Le Copé de service ne supporte décidément pas la démocratie quand le peuple en use. On peut se demander finalement s'il la tolère tout simplement.

Les primaires socialistes en cours le(s) rend malade(s) et ce n'est pourtant pas un exercice de haute voltige démocratique. Le gauchiste Montebourg (rires) est arrivé en troisième position derrière le duo Hollande/Aubry et se pose en "arbitre" (?) avec sa brouette d'exigences. Copé parle de lui comme d'un "Utopiste" et dans sa bouche en biais cela est une grossièreté. Hormis le fait que Montebourg est autant Utopiste que je suis Sarkosiste je trouve que Copé est une insulte à l'intelligence, une tâche nauséabonde dans le paysage politique, en fait un bien triste sire, étriqué et sans rêve. Non, je suis injuste, il a un doux rêve, la présidentielle de 2017... donc un type vraiment intéressant.

Utopie : nom féminin. De Utopia, mot créé par Thomas More, philosophe anglais du XVIe, du Grec ou-topos, en aucun lieu ou nulle part.
Sens premier : Construction imaginaire et rigoureuse d'une société, qui constitue, par rapport à celui qui la réalise, un idéal ou un contre-idéal.
Sens second : Projet dont la réalisation est impossible.

Bien évidemment Copé préfère le second. Cette définition le rassure et fait peur à son électorat. Brrr, bâtir un avenir sur une utopie, quelle horreur et quelle perte de temps ! On n'est pas là pour rêver mais pour prendre le pouvoir. On n'est pas là pour réfléchir à un monde meilleur mais pour le plier à ses intérêts.

Platon, Aristote, Rabelais, Rousseau, Robespierre, pour ne citer qu'eux, doivent mesurer à quel point leur pensée ou leurs actions sont désormais quantité négligeable. Comment Copé imagine-t-il que nous vivons aujourd'hui dans un espace de liberté ? Parce que des Utopistes ont imaginé un monde meilleur et ont agi pour le mettre en pratique. Les dérapages qui s'ensuivirent sont d'autres débats mais l'utopie était à l'origine des pensées humanistes et des nombreuses révolutions qui ont marqué l'humanité. Plus près de nous, les "Liberté - Égalité - Fraternité" ne forment-ils pas une grande utopie après laquelle nous courrons depuis plus de deux siècles ?

La droite au pouvoir, qui a trop peur de le perdre, bien qu'après tout Copé serait assez satisfait que l'alternance se fasse pour augmenter ses chances en 2017, est une machine à broyer les rêves et elle ne s'en cache pas. L'utopie appartient aux faibles.

jeudi 6 octobre 2011

Humeur : Steve Jobs 1955-2011


J'ai appris la nouvelle ce matin au réveil, sur mon iPhone ! Comme l'a dit Obama "Il n'y a pas de plus bel hommage que de savoir qu'une grande partie du monde a appris son décès via un appareil qu'il a créé". J'ai alors ressenti un pincement au cœur, le ciel déjà gris s'est légèrement assombri et mes céréales n'avaient dès lors plus le même goût.

Je ne suis pas un idolâtre, loin de là et je m'en voudrais presque de cette sensiblerie… presque.

Je suis graphiste et le mac est mon outil de travail depuis plus de vingt ans. J'ai commencé ce métier à la main, c'est-à-dire, avec des Rotring et des feutres Pantone. J'en avais plein les doigts. J'étais un tâcheron sillonnant les allées des salons graphiques en bavant devant les palettes graphiques de plusieurs millions de francs. Dire que j'attendais une machine abordable qui me libère est un doux euphémisme et le Macintosh arriva, chargé de promesses, annonçant une révolution qui allait tout emporter dans les métiers du graphisme et de l'édition. Je lui ai toujours été reconnaissant et redevable d'avoir conçu et distribué cet outil formidable.

Jobs est un génie. On peut lui rapprocher son arrogance, son management tyrannique ou son ego, il demeure un génie. En plus d'avoir créé des produits innovant, aujourd'hui incontournables dans leur secteur, Apple est devenue une entreprise hors du commun économiquement, à la succes story littéralement magique. Cette année 2011, des résultats en hausse de 83% pour le chiffre d’affaires et de 95% pour les bénéfices. Elle devrait dépasser les 100 milliards de dollars de C.A. et entrer dans le top 15 mondial. Elle est même récemment passée première en terme de capitalisation boursière devant Exxon, qu'elle talonne finalement aux dernières nouvelles. Elle a amassé plus de 65 milliards de réserve de liquidité qui lui permettrait de racheter Facebook, eBay, Nokia et General Motors tout en gardant des réserves… Il y aurait des dizaines d'autres chiffres pour dessiner cette entreprise unique.

J'ai "grandi" avec Apple depuis la naissance du Macintosh en 1984 jusqu'au succès planétaire de l'Ipad. Attristé par l'éviction de son co-fondateur en 1985, j'ai vécu la longue période de déprime et de dégringolade de la firme, jusqu'en 1997, durant laquelle on la donna morte et son rachat annoncé des dizaines de fois. Entre-temps le père Jobs rachetait et développait les studios Pixar avant d'être finalement rappelé par Apple pour la sortir du trou. Il créa l'iMac (1998), l'iPod et iTunes (2001), l'iPhone (2007) et l'iPad (2010). Ce n'est plus hors du trou qu'elle se situe aujourd'hui mais bien au firmament des entreprises.

J'avoue posséder cinq Macintosh, un iPod, un iPhone et un iPad (accessoirement un PC VAIO par nécessité). Sans être un fan hystérique, j'affirme sans complexe, pour utiliser depuis longtemps les deux plateformes, que les outils sont incomparables en terme de puissance et d'ergonomie sans parler, bien évidemment, de design. Apple n'est pas exempte de défaut et les aficionados du PC lui reprochent ses faiblesses en terme de sécurité ou d'ouverture. Éternel débat qui ne peut gommer la force de "l'éco-système Apple" qui maîtrise l'ensemble de la chaîne matérielle et logicielle. Les utilisateurs PC ont toujours, et à tort, défini les "Mac users" comme des esclaves de leur machine mais c'est exactement du contraire qu'il s'agit. Nous n'avons de notre côté jamais (extrêmement rarement) eu besoin de les démonter et mettre les mains dans le moteur. À aucun moment je n'ai eu à me plaindre de ce soit-disant carcan car il m'a, au contraire, assuré une constante qualité et une réelle fiabilité dans ma vie professionnelle. Jobs a tourné le dos à l'informatique pour créer des instruments ludiques et performant, centrés sur la création et l'échange. À ce sujet, il est tout de même intéressant de constater qu'il faut une combinaison improbable de trois touches sur PC alors qu'une simple touche suffit sur Mac pour taper le symbole de l'époque : @

L'émotion éprouvée ce matin, bien que l'inéluctable issue fût connue depuis de nombreux mois, est à la mesure du plaisir simple ressenti à utiliser quotidiennement un appareil Apple. Elle est également directement liée à une histoire commune avec cet homme qui a été étroitement associé à ma vie professionnelle et qui n'a eu de cesse d'améliorer les outils et se projeter parfois très loin dans l'avenir. Sa force résida essentiellement à proposer des produits qu'il croyait bon, souvent à contre courant, et non des produits attendus par les clients au travers d'études de marché insipides. Il a toujours surpris en allant au-delà des demandes du marché. Aujourd'hui, devenu l'icône absolue de la création et de la modernité, il est l'unique chef d'entreprise à être pleuré comme une Rock Star.

Les génies sont suffisamment rares pour ne pas les saluer quand ils s'en vont. Ce texte m'a pris une demi-heure de mon temps. Comparé à celui qu'il m'a fait gagner depuis vingt ans, je me sens minable.

mardi 30 août 2011

Cinéma : La Planète des Singes, les Origines - Ruppert Wyatt

Dans un laboratoire, des chercheurs travaillent sur la maladie d'Alzheimer et expérimentent un nouveau traitement sur des chimpanzés. Malheureusement, malgré des résultats prometteurs, la substance utilisée augmentant de façon radicale l'activité cérébrale des sujets, la présentation des résultats aux actionnaires tourne mal. L'une des femelles, soudainement devenue hystérique et violente, s'échappe du laboratoire et sème la panique dans tout l'édifice. Les recherches sont abandonnées et le cheptel est abattu. Le chercheur responsable découvre alors un bébé caché dans l'une des cages, cause du comportement agressif de la mère, et décide de le sauver en le ramenant chez lui. Son père, atteint par la maladie à un stade avancé, trouve chez César un compagnon quotidien. Le jeune singe fait rapidement preuve d'une intelligence hors du commun et il grandit tranquillement dans cette maison accueillante jusqu'au jour où un incident regrettable le conduira dans un établissement spécialisé, parmi d'autres congénères, encagés, sous les brimades de gardiens pervers. S'estimant trahi par les hommes il fomentera la révolte de son espèce dans un affrontement final spectaculaire.

J'ai adoré. De toute façon j'adore ce genre de délire. Outre le scénario, simpliste mais bien ficelé et la qualité des finitions, l'émotion est présente dans de nombreuses scènes à travers la gestuelle et le regard troublant et pénétrant de ce Spartacus simiesque.

Il s'agit de l'adaptation d'un grand roman de science-fiction de Franklin J. Schaffner de 1968, lui-même adapté des romans de Pierre Boule. Cette fable philosophique, place l'homme face à sa relation et ses devoirs envers les espèces (les races ?) dominées, traite de son dédain et de son arrogance trop souvent affichés qui entraînent généralement révolte et vengeance. Ces poncifs maintes fois rabâchés trouvent ici une expression passionnante et poignante grâce aux effets spéciaux magistraux (WETA, studios oscarisés pour Avatar) qui permettent aux singes sous-hommes, d'afficher toutes une palette de sentiments, de l'amour à la rage en passant par la peur ou la joie...

Bluffant et troublant.

samedi 30 juillet 2011

Cinéma : Lourdes - Jessica Hausner

Décidément, je dois avoir un véritable problème avec les films qui parlent du Petit Jésus ou de sa bande. Il semble que je sois attiré par le sujet et, en même temps, fort prompt au dégommage. Oui, mais il y a de quoi...

Lourdes ! Est-il nécessaire d'user d'un jeu de mot facile pour décrire les 109 minutes affligeantes qu'il m'a fallu endurer pour parvenir au bout de cette soporifique entreprise ?

Avant toute chose, chapeau de s'être attaqué à ce sujet délicat qui ne peut basculer, au choix selon la culture du réalisateur, que vers la comédie grasse et lourdingue ou le pensum prosélytiste. Ici nous avons droit seulement à un ennui continu, la réalisatrice étant autrichienne mais je ne vois pas le rapport...

Petit résumé : Christine (Sylvie Testud) est en fauteuil roulant depuis pratiquement toujours. Ce séjour à Lourdes représente pour elle une sortie, un moyen d'échapper à un quotidien terne et rencontrer d'autres humains. Le groupe auquel elle appartient est encadré par de jeunes bénévoles de l'Ordre de Malte, dont la responsable, l'inquiétante et évanescente Sœur Cécile, sera évacuée à l'hôpital suite à un grave malaise. Au pays des miracles voilà qui fait désordre et représente le point comique et satirique culminant de l'œuvre. Christine s'offre la totale : bains, bénédiction, procession dans la célèbre grotte de cette chère Bernadette, cierge énorme, magnifique et forcément phallique... Sans vraiment trop y croire, jouant d'avantage les touristes que les grenouilles, Christine se lève finalement un beau matin, miraculeusement guérie. Tout d'abord applaudie et respectée, elle devient vite la cible des rancœurs et autres jalousies. Pourquoi elle, qui vient ici pour la première fois ? Christine entend alors rattraper le temps perdu et rêve d'amour, de travail, de famille... repartir à zéro, un des jeunes bénévoles semble d'ailleurs s'intéresser à elle (pourtant elle est habillée comme un sac)...

Bien ! C'est (volontairement ?) mal filmé, terne et sans chaleur ni contraste. Les plans, les cadrages, les mouvements de caméra sont minimalisés au maximum comme si l'économie de moyen était raccord avec le sujet, il semblerait que ce soit le cas (cf "Des hommes et des Dieux"). Lourdes est pourtant tout le contraire, sa vulgarité mercantile et ses opulentes boutiques de souvenirs, ses monuments et décors religieux pompeux qui font parfois penser à DisneyLand, sa foule colorée qui se presse calmement vers les lieux de culte et d'adoration... Tout cela a été gommé, délavé, terni et filmé à la façon d'un médecin légiste. Les dialogues sont rares et plats. Seules les explications fumeuses et embarrassée du curé de service pourront soutirer quelque sourire entendu aux athées anticléricaux dont je suis.

Aucune émotion, une totale inaction, un ennui profond... que le calvaire fut long. Où se rendait Jessica Hausner et pourquoi ce film ? Telle est la question. Une énorme chape de mollesse plombe littéralement la réalisation et l'argument et il est difficile d'y voir la moindre satire, comme on peut le lire dans la presse critique, Lourdes étant déjà en soi une parodie de la foi(re) chrétienne. Il suffit de planter sa caméra dans cette ville pour que se révèlent aussitôt les travers et les outrances de cette religion. Les caméras de surveillance devraient être en mesure de nous en apprendre d'avantage.

Reste que la Testud est épatante dans ce rôle de tétraplégique où l'expression du visage passe bien avant les dialogues, pratiquement inexistants et insipides.

vendredi 22 juillet 2011

Humeur : Le Râle Fatal du Provincial


Nous avions pensé : " Les enfants grandissent et entrent dans l'adolescence. Ce serait bien de quitter notre charmant cottage Tarn-et-Garonnais pour rejoindre la capitale où ils pourraient s'épanouir culturellement. Un retour aux sources et un rapprochement d'une partie de la famille..." Nous adorons Paris et nous y sentons bien.

Nous l'avions pensé tellement fort que nous avions mis en branle, deux ans en arrière, le processus infernal du déménagement. Passer d'une maison très spacieuse et ses dépendances, à un appartement parisien même confortable, relève d'avantage du chausse-pied que du changement de déco. Joëlle avait retrouvé son employeur parisien, quitté treize ans auparavant, les enfants étaient inscrits chacun dans un collège comme il faut, les cartons s'empilaient tranquillement dans le grand atelier... tout s'agençait harmonieusement. Nous partîmes donc, la fleur à la boutonnière, pour deux semaines de recherches et de visites.

Prise de rendez-vous à la chaîne les dix jours précédents, préparation d'un dossier complet de pièces justifiant notre contribuable position... nous étions gonflés à bloc car nous savions que ce ne serait pas simple, en si peu de temps, de trouver notre futur Sweet Home que nous souhaitions intégrer vers la mi-août, nous étions début juillet... 45 jours ? Jouable.

UNE GALÈRE EXCEPTIONNELLE !

Pour faire court, nous sommes contraints, momentanément de rester dans notre trou, qui, même s'il est bucolique, confortable, spacieux, stylé,... je passe sur les qualificatifs qui font dire à certains que nous sommes cinglés de quitter ce paradis pour la ville qui pue... il n'en demeure pas moins que c'est un trou.

Pour développer un peu, sur Paris l'offre est importante et de qualité. La demande, elle, est au minimum vingt fois supérieure et d'un niveau certain... en tout cas elle répond à certains critères très recherchés que nous ne possédons visiblement pas. Un très cher ami, travaillant pour un réseau international d'agences immobilières m'a clairement confirmé ce que certains professionnels rencontrés nous avaient déjà expliqué. Le marché de l'immobilier parisien est devenu fou il y a une dizaine d'années et particulièrement ces deux dernières. Le profil idéal du locataire parisien : couple de fonctionnaires, relativement âgés et argentés. Il semble que Paris devienne de plus en plus une "ville de vieux". Un propriétaire préférera ne pas louer que de prendre le moindre risque. Heureusement pour eux la demande progresse et ce sont jusqu'à cinquante dossiers par appartement qui s'amoncellent sur les bureaux des agences. Une forme de liste d'attente dont on satisfait, au compte-gouttes, les dossiers qui offrent les meilleures garanties. La plupart des annonces ne paraissent même plus dans la presse ou sur internet, trop de perte de temps en visites, alors que les candidats se bousculent et qu'il n'y a qu'à piocher dans le haut de la pile...

Tout cela est parfaitement logique. Mon statut d'indépendant est un frein évident, même si certains s'en cachent, et à moins d'être inscrit à l'un des Ordres prestigieux et gagner beaucoup plus d'argent que ce qui est demandé d'ordinaire à un fonctionnaire, je n'avais visiblement pas le profil demandé. Bien souvent, il ne s'agissait même plus de moyens mais bien de statut.

Combien de fois nous a-t-on aiguillés sur la banlieue ? Certes... mais non. Nous avions vécu de nombreuses années dans Paris intra-muros, poussant le luxe jusqu'à aller travailler à pieds. Nous ne nous voyions pas abandonner une qualité de vie qui est la nôtre actuellement pour supporter les contraintes multiples d'une vie banlieusarde sans les nombreux avantages qu'offre Paris. Nos deux petits ont grandi en pleine nature et nous souhaitions leur simplifier la ville au maximum.


Nous nous sommes donc heurtés à un mur et nous ne voyons aujourd'hui aucune solution "normale" pour redevenir locataire à Paris. Nous resterons donc provisoirement propriétaires à Meauzac. Nous attendrons l'occasion favorable, le bon plan, la rencontre opportune ou le coup de main salvateur. Le projet est juste placé entre parenthèses.

Toute cette aventure affligeante nous aura permis de redescendre un peu sur terre en nous confrontant à la vraie vie. Une bonne claque n'a jamais fait de mal à personne.

mardi 8 mars 2011

Cinéma : Des Hommes et des Dieux - Xavier Beauvois

Il fallait le voir, je le vis donc.

Autant le dire en préambule, je n'ai absolument pas été touché par la grâce que dégage ce film dans les sphères intellos et cathos, pires, je me suis fait schmoutz durant la moitié du temps, la seconde étant réservée à l'indignation. Si nous avons là ce que le cinéma français possède de mieux en magasin en ce moment, nous sommes alors véritablement en train de patauger en pleine crise existentielle.

Sujet respectable, acteurs intouchables, mise en scène minimaliste, sobriété de rigueur... le réceptacle idéal de multiples Césars... objectif atteint. L'effet Cannes sans doute où il reçut le Grand Prix du Festival, ce qui n'a rien d'étonnant venant de ce rituel assommant.

Au-delà des récompenses qui ne regardent que ceux qui les octroient et leurs bénéficiaires, il y a tout de même de quoi se poser des questions sur la qualité cinématographique de ce poncif truffé de lieux communs aux relents colonialistes douteux mais il est vrai que religion et colonialisme ont toujours été étroitement liés :

"Partir, c'est mourir" ou bien "le berger n'abandonne pas ses moutons quand vient le loup"...

Tout le monde connaît le drame de 96 que retrace le film. Il s'agit bien d'un drame, non celui de la barbarie que peut véhiculer souvent la religion - ici celle locale et concurrente - bien que Beauvois reste très soft à ce niveau, mais celui de l'arrogante faiblesse des moines protagonistes qui se retrouvent perdus face à une situation qui les dépasse, sans repère véritablement sérieux dans une époque qui vacille.

Partira ? Partira pas ? Voilà le fil rouge du scénario. À la façon du "Douze hommes en colère" de Lumet, le vote du premier tour de table fait apparaître des avis partagés entre ceux qui désirent partir car prévoyant un suicide collectif, ceux qui ne savent pas où aller car déphasés et ceux qui n'ont aucun point de vue tant ils n'évaluent pas vraiment la situation. En fait, leur présence en ces lieux relevant de la Volonté Divine, certains ne vont pas chercher plus loin... Super ! Le moine est ainsi fait qu'il tient ses ordres de Dieu et qu'il est par définition dans son bon droit. Le moine est également croyant, toujours, et pratiquant, la moitié du temps et du film, ce qui contribue à plomber d'avantage le rythme du film, si cela était nécessaire.

J'avoue que mon anticléricalisme radical m'a rendu ce film insupportable tant il est ponctué et sur-ponctué de scènes liturgiques lassantes et lancinantes pour mieux nous faire sentir que ces hommes consacrent presque toute leur vie à prier, qu'ils sont hors du temps et de la tempête qui souffle à l'extérieur et qu'ils seront bien les victimes innocentes d'un dénouement dramatique qui tarde tant à venir... Il est vrai que Lambert Wilson chante fort bien et que Michael Lonsdale est particulièrement touchant en vieux médecin...

Tout cela est finalement très mou du genou, moyennement réalisé et peu émouvant, même si les acteurs sont bons, en regard du drame véritable que fut cet événement et, pour ma part, peu flatteur pour ces hommes indécis qui attendent sagement d'être sacrifiés. Maintes fois on ressent le désir de crier à l'unisson des autorités locales : "Mais bougez-vous bon sang, barrez-vous ailleurs où vous pourrez être tout aussi utiles plutôt que de prendre le risque de mourir ici…" Là où certains voient du courage, je ne vois qu'un sacrifice imbécile et inutile. Cette religion vénérant l'immolation et la souffrance du Christ, le dénouement ne pouvait pas être un happy end mais nous dépassons là le simple cadre du film.

Le mystère de la foi réside peut-être là, porter au pinacle une œuvre austère, très loin des standards bling-bling cinématographiques du moment. Cette sobriété aurait put être un gage de qualité si l'ensemble n'était pas tant maniéré dans sa retenue de tout. Quand l'ennui devient vertu l'argumentaire est superflu.

jeudi 28 octobre 2010

Humeur : Le Cimetière des avatars

Mon ami B.o.B. a soulevé récemment une question qui, loin d'apparaître fondamentale à première vue, mérite cependant que l'on y accorde un temps confortable de réflexion.

"Que deviennent les avatars des joueurs morts ?"

Cela peut paraître dérisoire mais en vérité, la virtualité est devenu une véritable religion pour un certain nombre d'humains. Les nouveaux univers fleurissent et se développent à l'envie d'un bout à l'autre du web.

Qu'il s'agisse de chat 3D comme Second Life, imvu, Virgal, ou Alliun, pour ne citer qu'eux ou bien encore la multitude de MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Game) comme World of Warcraft, SpaceWars, Legende, Monarchies ou Last Chaos, on ne compte plus les points de passages vers ces mondes parallèles.

Nul ne peut prétendre mettre les pieds sur ces nouveaux territoires utopiques et fantasmagoriques hors son avatar. À l’instar de nos amis mexicains franchissant la frontière US, ce sont des millions de personnages qui passent quotidiennement derrière le miroir high-tech.

Il y a, quelque part, aux confins de milliers de serveurs, des centaines de millions de personnages tous différents, uniques, formidablement désinhibés, extravertis, fantasques et colorés qui se cherchent, dialoguent, s'aiment, se battent, s'entretuent et meurent...

Est-il déraisonnable de penser que ces êtres numériques sont bien réels, du moins autant que peuvent l'être quelques lignes de code ? Au-delà de l'aspect sociologique ou psychiatrique que revêt un tel phénomène, l'existence "physique" paraît indéniable et la mort ludique du joueur humain n'entraîne pas nécessairement la disparition de son avatar. Admettons qu'il sorte de l'espace visible du jeu, où s'en vont donc errer les octets qui le composent ?

Je vous le demande...

Imaginons des zones de disques entièrement dédiées et habitées par ces avatars sans Maître, ces Ronin digitaux. Ils sont des millions à errer ou attendre patiemment qu'on les réactive pour les remettre en scène. Des mélanges d'octets sont-ils possibles, informatiquement viables ? Ne pourraient-ils envisager et rêver à l'avènement d'un Être Virtuel Suprême, une puissance engendrée par un désir collectif, un délire communautaire qui partirait en conquête, une vengeance de l'oubli ? Ce sont ainsi des millions de cerveaux connectés et entraînés montant à l'assaut de nos systèmes soit-disant inviolables, une armée invisible, impalpable, un Gestalt surpuissant qui prendrait les commandes de nos outils et armes sensibles...

Bon, je vais aller faire une partie de Wii et demander à mon Mii ce qu'il magouille quand je ne suis pas connecté...

mercredi 20 octobre 2010

Humeur : Retraites ? Courage, fuyons !

Voici l'affaire du moment qui déchire les esprits si tant est qu'ils en aient besoin. Vu l'ambiance française de ces derniers mois face au démantèlement programmé de notre système social, envié du monde entier, dixit ceux qui sont aux commandes du Bulldozer Amiral, le bordel qui s'annonce a quelque chose de réjouissant. Une réplique, enfin. Un sursaut populaire pour dire STOP ! aux manœuvres de Passe-Partout 1er et de son gang de prédateurs sans pudeur ni morale.

Une riposte, sans doute encore trop timide, qui s'organise et qui entend clamer son refus de perdre ce qui a été si difficile à obtenir. Elle montre du doigt les responsables, les goinfres qui en veulent toujours plus au détriment de ceux qui gagnent toujours moins. L'argent est ailleurs, certainement pas dans les poches des smicards qui se pressent toujours plus nombreux aux comptoirs des Banques Alimentaire et autres Restos du Cœur... L'indécence absolue des discours patronaux/gouvernementaux, relayés par les médias complaisants qui participent à la curée, est littéralement révoltante.

Oui, le monde change, oui, nous vivons plus longtemps, oui, il y a moins d'actifs et plus de retraités, oui, il faut réformer... ET ALORS ? Sont-ce là des arguments suffisant pour épuiser et affamer sans vergogne ?

Vivre plus longtemps implique-t-il automatiquement de travailler plus longtemps ? Une société hautement évoluée n'entend-elle pas réduire au contraire l'effort des citoyens en répartissant au mieux les ressources ? C'était en tout cas l'esprit du concept "retraites" jusqu'alors. Aujourd'hui les ressources sont confisquées par le Marché et le salarié est devenu le nouvel esclave du rentier.

Effectivement les caisses sont vides et les actifs, chanceux de l'être, ne suffisent plus à les remplir. L'argent est ailleurs, dans les coffres de ceux qui détournent les fonds en démantelant les entreprises et en supprimant de ce fait quelques centaines de milliers d'emplois supplémentaires chaque année. Les vases communiquent à sens unique.

Caricature ? Si peu mais une colère croissante sans aucun doute !

Les étudiants et les élèves manifestent. "Scandaleuse manipulation de la part de l'opposition et des syndicats..."
Bien sûr, l'adolescent possède un cerveau immature voire incomplet, c'est un fait scientifique avéré. Nos gouvernants sont d'accord pour descendre l'âge pénal à 13 ans mais refusent de voir dans le mouvement des jeunes la moindre réflexion politique. Certains élèves profitent de l'occasion pour sécher ? Certainement mais généraliser, c'est dénigrer donc mépriser. Ils sont sinon au premier plan, du moins directement concernés par les mesures car ils travailleront très prochainement, pour ceux qui trouveront un emploi, bien sûr.
Une angoisse supplémentaire avant d'entrer dans ce vampirique monde du travail.

Quand bien même... et si les retraites n'étaient qu'un prétexte supplémentaire pour signifier aux dieux élyséens que les simples mortels sont en réelle souffrance, qu'il faut libérer la justice, enchaînée et bâillonnée dans une oubliette de Davos et que le mot "Réforme" ne signifie pas nécessairement "Racket" ?

mardi 19 octobre 2010

Humeur : "Life is a fucking video game !"

Tu avances, toujours et, même si tu fais une pause sur le bord du chemin, c'est l'ensemble du décor greffé sur le funeste tapis roulant qui continue inexorablement sa lancinante avancée. Il te faut donc avancer un peu plus vite pour être prêt et avoir l'opportunité de choisir. Prendre tel chemin, ouvrir telle porte, prononcer tels mots ou bien ne rien faire, ne rien dire... Comme tu choisis tu vis ! Ramasser de l'or, se battre, prendre des vies, se faire des amis, rencontrer, échanger, s'isoler,...ton personnage se forge et s'endurcit après chaque niveau mais il s'épuise aussi, un peu plus chaque jour pour tenter de saisir la règle de ce jeu hallucinant... la partie se termine en général sur un "Game Over". A ce jour, aucun gagnant ne s'est fait connaître.

jeudi 30 septembre 2010

Humeur : C'est Marianne qu'on guillotine !

Liberté, Égalité, Fraternité, voilà un vocabulaire devenu indécent voire blasphématoire dans la bouche d'une partie grandissante de la population bien pensante de droite.

Afficher avec arrogance et cynisme son mépris des valeurs fondatrices de notre république c'est appartenir à l'équipe des "Winners" qui dessinent la France et le monde de demain. Accumuler du pognon au détriment de travailleurs précaires et terrorisés c'est s'afficher aux côtés des prédateurs cannibales et conquérants. Applaudir des quatre membres à l'expulsion d'Européens indésirables c'est oublier volontairement une histoire particulièrement nauséabonde et réhabiliter un dessein que l'on croyait terrassé. Remettre en cause de façon accélérée des acquis douloureusement obtenus depuis la dernière révolution, c'est jeter aux oubliettes les idées qu'elle engendra et en négliger le sens littéral qui est celui de la rotation et du retour. Des têtes tombèrent pour venger une injustice longuement subie, elles tomberont de nouveau, ce qui peut arriver de mieux en regard du délabrement en cours de notre système social et plus généralement des relations humaines.

Je me suis retrouvé récemment au centre du sempiternel débat concernant les différences entre la droite et la gauche. Cerné par deux représentants d'une droite pure je ne me suis vu opposer qu'un unique argument économique comme différence essentielle. État arbitre et libéral Vs état dirigiste et socialiste (si l'on veut bien considérer que le parti socialiste représente légitimement la gauche). Voilà la réduction ultime permettant à la droite de s'approprier les valeurs sociales faisant défaut. Affirmer que seul l'économique différencie Droite et Gauche voilà l'argument bancal par excellence car depuis des décennies, depuis le renforcement de l'union européenne, depuis cette diabolique mondialisation, la gestion des affaires de la France passe entre des mains différentes mais garde un cap relativement proche en tentant simplement d'éviter les écueils. Les enjeux ne dépendent pas des pouvoirs en places et il est aisé d'observer, à l'approche d'échéances électorales, des gouvernements de droite pratiquer une économie de gauche plus sociale et inversement. Non, les différences sont beaucoup plus manifestes et puisent leur origine aux sources de l'histoire humaine.

La lutte des classes chère à Marx n'est pas une simple vue de l'esprit, un vilain hochet que l'on agite pour effrayer l'enfant bourgeois capricieux. Elle existe depuis toujours, ou presque, reposant tout d'abord sur la grosseur du gourdin puis sur une répartition plus subtile des ressources et des pouvoirs au travers des différents ordres qui aboutirent à ceux du clergé, de la noblesse et du tiers état, ce dernier comptant tout le reste, la roture, du misérable paysan au bourgeois commerçant le plus gras. Ces mêmes bourgeois décidèrent de changer ce système d'ordres inique pour un autre plus équitable (rires), basé uniquement sur les classes, beaucoup plus harmonieux avec leurs propres valeurs dont celle essentielle de l'argent. L'argent devenait enfin le mètre étalon du pouvoir et il l'est encore aujourd'hui. Il suscite une absolue vénération et des temples très puissants entretiennent son culte planétaire.

N'en déplaise à Monsieur Bayrou et son "ni droite, ni gauche" qui piétine allègrement l'histoire dans un unique souci de récupération, des contrastes violents existent. Des millions d'hommes et de femmes sont morts tout au long des siècles pour tenter de rétablir un minimum d'égalité ou simplement ne pas crever de faim.

Quand la droite place l'économie au centre de tout et fait de l'homme son serviteur servile avec pour unique but le profit de quelques-uns, la gauche (la vraie gauche) place l'homme au centre de tout et fait de l'économie un outil à son service avec pour but le bien-être du plus grand nombre. L'homme de droite agit donc pour son bien seul (et celui de son cercle proche) tandis que l'homme de gauche agit pour la communauté. Voilà naïvement et grossièrement la répartition des 2 camps. Il y a bien sûr des exceptions et des nuances à ce constat mais globalement le camp choisi implique des choix politiques et des répercussions sur le milieu.

Aujourd'hui la devise Liberté, Égalité, Fraternité se voit amputée de ses deux derniers membres. Si le Français tolère plus ou moins bien une société de classes, s'il accepte globalement et historiquement que certains gagnent énormément d'argent tandis que d'autres tirent la langue en fin de mois, il refuse catégoriquement un retour à une société d'ordres, ses privilèges et sa justice multivitesses. C'est exactement ce qui est en train de se passer et c'est pour cela que la colère gagne du terrain. Le peuple doit être repris en main et seul un peuple apeuré est contrôlable. En brouillant les pistes Droite/Gauche, en creusant toujours d'avantage le fossé entre ceux qui possèdent et ceux qui n'ont rien, en faisant de l'argent une valeur quasi morale, en protégeant les puissants et en persécutant les plus faibles, nos gouvernants fragilisent la paix sociale. Il nous reste certes des libertés, celles de consommer du crédit et des programmes décérébrant ou bien encore celle de se pendre dans sa cave quand la douleur ou la misère est devenue intolérable. L’égalité est devenue une vieille belle idée, complètement décatie. Il suffit d'observer les mondes de l'école, du travail ou de la justice pour mesurer à quel point elle s'est vidée de son sens. Pour ce qui est de la fraternité, voilà le dernier mot à la mode, à la fois grossier et rigolo, que les bouches de droite goûtent comme une friandise...


Liberté, égalité, fraternité
, cela sonne comme une vieille comptine que l'on chante aux enfants pour les endormir.